Histoire et Culture Libertine

Histoire et Culture Libertine – Et si on commençait par le commencement ?

Le mot « libertin » vient du latin « libertinus » qui désignait en droit romain « affranchi ». On nommait ainsi les esclaves libérés de leur condition mais pour qui les romains de souche cultivaient un certain mépris car leur nouvelle condition n’en faisait pas pour eux des citoyens à part entière. Pour résumer : des êtres qui ont acquis une certaine liberté et qui sont mal considérés par les autres, ça vous évoque quelque chose ?

C’est Calvin qui utilise le premier le mot français libertin dans un traité intitulé : « Contre la secte phantastique et furieuse des libertins qui se nomment spirituels ».

Il désignait par ce terme des dissidents qui prenaient de sérieuses libertés avec la parole divine, prétendaient que la seule morale est celle de la nature, niaient la notion de péché et prônaient la communauté de bien. On imagine l’accueil réservé à ces idées dans un temps où le pouvoir religieux régnait en maître sur la société. La monarchie elle-même étant basée sur le droit divin, il ne faut pas s’étonner la répression soit sans pitié : la prison ou le bûcher attends les libertins qui osent défier l’ordre et la morale.

C’est au début du XVIème siècle que le terme de libertinage apparaît pour désigner cette fois « un dérèglement des mœurs » et non pas une contestation intellectuelle.

Ce qui explique que les premiers à s’y adonner sont les nobles. Diderot, dans l’ »Encyclopédie » le définit ainsi : C’est l’habitude de céder à l’instinct qui nous porte aux plaisirs des sens; il ne respecte pas les mœurs, mais il n’affecte pas de les braver; il est sans délicatesse, et n’est justifié de ses choix que par son inconstance; il tient le milieu entre la volupté et la débauche; quand il est l’effet de l’âge ou du tempérament, il n’exclut ni les talents ni un beau caractère.

 Au XVIIIème siècle, on trouve dans les rapports de police le terme de libertinage pour désigner la perversion, la dépravation et le refus d’obéir à l’autorité. Certains auteurs redonnent néanmoins au terme « libertin » une dimension philosophique qui dépasse le simple assouvissement de désirs charnels.

Mais qui sont les libertins d’aujourd’hui ?

Il faut admettre qu’on a du mal à s’y retrouver. Certes, les libertins ne sont plus emprisonnés ou brûlés vif mais ils ont toujours un vieil ennemi : la morale. Je suis tombée par hasard sur un forum (sur un site non libertin) où un inconscient demandait si on pouvait lui indiquer un symbole libertin qu’il pourrait utiliser comme tatouage. Les réponses qu’il a reçues faisaient froid dans le dos et l’agressivité de celles-ci montrait bien que l’on touchait encore à un sujet sensible.

Par contre, l’ennemi que l’on attendait pas, et peut-être le pire est la mode ! Qui d’entre nous n’a pas fréquenté, même occasionnellement un club, un sauna ou autre lieu soi-disant réservé aux libertins pour finalement constater que la plupart des clients étaient des curieux ou des gens dont la recherche n’as pas grand-chose à voir avec le libertinage…

Notre objectif au travers de ce site n’est certainement pas de revenir à un libertinage confiné dans quelques salons réservés à une élite mais peut-être de revenir aux valeurs et aux principes d’origine qui prônaient la liberté d’esprit et de corps dans le respect et l’amour des autres.

error: Content is protected !!